
Un géant de la plume et de la lutte
Le 8 juillet 1972, le Mossad assassinait Ghassan Kanafani à Beyrouth, dans un attentat ciblé contre sa voiture. Avec lui périssait sa nièce de 17 ans, Lamis Najm. Cinquante-trois ans plus tard, son héritage reste une flamme inextinguible pour la cause palestinienne.
Écrivain prolifique, journaliste engagé et révolutionnaire, Kanafani a marqué l’histoire par son engagement sans faille. Son œuvre, à la fois littéraire et politique, continue de résonner comme un appel à la résistance et à la dignité.
Une vie dédiée à la Palestine
Né en 1936 à Acre, en Palestine historique, Ghassan Kanafani est contraint à l’exil dès 1948 avec sa famille, lors de la Nakba. Installé à Damas, puis à Beyrouth, il s’engage très tôt dans la lutte pour la libération de la Palestine. Son parcours est celui d’un intellectuel qui refuse la neutralité face à l’oppression.
Journaliste au sein du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), il utilise la plume comme une arme. Ses écrits, publiés dans des journaux comme Al-Hadaf, deviennent des outils de mobilisation et de conscientisation. Son style, à la fois poétique et percutant, touche des générations de Palestinien nes et de militant es à travers le monde.
Une œuvre littéraire engagée
Kanafani est l’auteur de romans et de nouvelles qui dépeignent la Nakba, l’exil et la résistance. Parmi ses œuvres les plus célèbres :
- Rijal fi al-shams (Des hommes sous le soleil, 1963) : un récit poignant sur trois Palestiniens morts de soif dans un camion, symbole de l’abandon international.
- Al-makdûn (Les Rameaux, 1966) : une plongée dans la vie des réfugié es palestinien nes au Liban.
- Al-adab al-muqâwim (La Littérature de la résistance, 1966) : un essai théorique sur le rôle de l’art dans la lutte anticoloniale.
Son écriture, ancrée dans le réalisme social, donne une voix aux sans-voix et expose les crimes du sionisme. Elle reste une référence pour les mouvements de libération nationale.
Un héritage politique et culturel
Ghassan Kanafani incarne l’unité entre la lutte politique et la création artistique. Son engagement au sein du FPLP, qu’il quitte en 1973 après des divergences stratégiques, montre une pensée en mouvement, toujours en quête de justice.
Son assassinat par le Mossad, commandité par l’État israélien, est un crime ciblé contre un symbole de la résistance palestinienne. Pourtant, comme il l’écrivait lui-même : « La résistance est une œuvre collective, et chaque martyr en est une pierre. »
Rester fidèle à son combat
Cinquante-trois ans après sa mort, Ghassan Kanafani reste une figure incontournable. Son œuvre, traduite en de nombreuses langues, est étudiée dans les universités et citée dans les mobilisations. Son visage, souvent accompagné de la mention « Écrivain, journaliste, révolutionnaire », orne les murs des camps de réfugié es et des manifestations.
Pour perpétuer son héritage, il est essentiel de :
- Lire et diffuser ses textes : ses romans et essais sont disponibles en arabe, français et anglais.
- Soutenir les artistes palestinien nes : la résistance culturelle est un pilier de la lutte.
- Dénoncer l’impunité d’Israël : son assassinat, comme tant d’autres crimes, doit être reconnu et condamné.
« Je ne suis pas un écrivain qui écrit pour écrire, mais un écrivain qui écrit pour agir. » — Ghassan Kanafani