Toutes les prises de parole Analyse

ONU impose un mandat colonial à Gaza avec la résolution 2803

Cover

L’ONU valide l’occupation américaine de Gaza : la résolution 2803, un nouveau mandat colonial

Le 17 novembre 2025, le Conseil de sécurité de l’ONU adoptait à l’unanimité la résolution 2803, sous l’impulsion des États-Unis. Derrière un langage diplomatique aseptisé, ce texte réactive l’un des mécanismes les plus anciens et destructeurs du colonialisme : la souveraineté confisquée au nom d’une gestion internationale. Gaza n’est plus administrée comme une communauté à libérer, mais comme un territoire à contrôler, où le droit à l’autodétermination palestinien est une fois de plus nié.

Une gouvernance étrangère sous couvert de « stabilisation »

La résolution 2803 impose un nouveau mandat étranger sur Gaza, avec deux organes « transitoires » :

  • Le « Conseil de paix » : chargé de superviser l’aide humanitaire, la reconstruction et l’administration quotidienne.
  • La Force internationale de stabilisation (ISF) : déployée sous le Chapitre VII de la Charte de l’ONU, elle aura pour mission de désarmer les factions palestiniennes et de garantir la sécurité selon les exigences israéliennes.

Aucune mention du génocide en cours, aucune responsabilité attribuée à l’occupant. Les pays ayant voté pour cette résolution ? L’Algérie, la France, le Royaume-Uni, les États-Unis et d’autres, tandis que la Chine et la Russie se sont abstenues. Le texte, porté par Washington, consacre la mainmise américano-israélienne sur Gaza.

Le colonialisme en héritage : de la tutelle britannique aux « reconstructions » contemporaines

Cette résolution s’inscrit dans une continuité historique : « Décider pour le colonisé, façonner ses institutions, organiser son espace, déterminer son économie, choisir qui peut parler en son nom. » Le pouvoir ne change jamais de mains : il circule entre les centres impériaux, mais reste hors de portée du peuple palestinien.

Du mandat britannique aux dispositifs contemporains de « reconstruction », la même structure se répète : la Palestine ne doit jamais être libre. Les régimes arabes, complices de ce processus, stabilisent un ordre où l’État génocidaire israélien agit comme avant-poste colonial et militaire.

Gaza, un marché à exploiter sous couvert de « reconstruction »

Sous prétexte de reconstruction, la résolution ouvre la voie à :

  • Privatisations et accaparement foncier.
  • Investissements extractifs et dépendance humanitaire.
  • Contrôle sécuritaire : la Force internationale de stabilisation (ISF) aurait des pouvoirs étendus, incluant le désarmement des factions palestiniennes et la supervision de la sécurité, selon les exigences israéliennes.

Au Liban, où une force internationale opère depuis des années, les violations israéliennes de la souveraineté persistent. Les forces « internationales » servent moins à protéger qu’à légitimer la domination coloniale et à discipliner les populations colonisées.

Le droit international, un instrument de gestion, pas de libération

L’expérience historique est claire : les droits inscrits dans les textes internationaux n’ont jamais protégé un peuple tant qu’il n’avait pas le pouvoir de les imposer. Le droit devient alors un outil de gestion, non de libération.

La criminalisation de la résistance palestinienne s’inscrit dans cette tradition coloniale : présenter comme une « menace » ce qui est une lutte contre l’effacement et la dépossession. Le véritable obstacle à la justice n’est pas la résistance, mais le système colonial israélien, soutenu par la tutelle internationale et ses alliés régionaux.

La Palestine n’a pas besoin de tuteurs, mais de liberté

« La Palestine n’a pas besoin d’être reconstruite ou administrée par un tiers. Seule la chute du système colonial permettra la restitution du pouvoir aux colonisé es, la fin des ingérences étrangères, et le droit de décider librement de ses institutions, de son économie et de sa société. »

La souveraineté palestinienne n’est ni une aspiration théorique, ni une concession négociable : elle est une exigence morale.

La résistance palestinienne, cœur de la libération

Malgré le siège, l’exil et la fragmentation, le peuple palestinien refuse la dépossession. Sa résistance, son organisation et sa détermination constituent le cœur de la libération.

« Un peuple reconquiert sa liberté lorsqu’il redevient maître de son récit, de sa terre et de son pouvoir. » De la Palestine au Vietnam, l’histoire des luttes anticoloniales le prouve : la décolonisation est la seule condition de la justice, de la dignité et de la liberté.

Restons en contact. Poursuivons la mobilisation.

Ensemble, donnons-nous les moyens de résister

En Palestine, le peuple continue de résister contre le génocide toujours en cours et une colonisation qui s'accélère.

En France, alors que la complicité avec ce régime colonial et que la répression de la solidarité sont la norme, notre résistance a ouvert une brèche.

Inspiré par la tenacité de la résistance du peuple palestinien, la force de notre mobilisation ne tient qu'avec votre soutien.

Ce qui existe aujourd'hui peut disparaître. Ou se renforcer.